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Lauréat Cantin

Le 17/06/2022

Un champion incontesté à Québec

Lauréat Cantin va dominer la scène du tennis québécois pendant une bonne douzaine d'années. De 1929 à 1942, il collectionne les championnats dans la région et accumule les trophées. Il remportera la coupe Rondeau, pour le championnat simple masculin senior, à neuf reprises. Une première. Il mettra la main aussi sur les coupes Bourget (championnat de la Rive-sud) à six reprises, Château (double masculin) à trois reprises et Francoeur (double mixte) à deux reprises. Cela, sans compter les nombreux tournois remportés dans les différents clubs de la région, et dont l'énumération ici serait fastidieuse. Ses exploits ont contribué à mettre à l'avant-plan les clubs dont il a fait partie : le Jacques-Cartier d'abord, puis celui du ministère de la Voirie. Son palmarès est encore inégalé aujourd'hui.

Pourtant, ce joueur si talentueux n'aura jamais réussi à se mettre durablement en valeur contre des adversaires de l'extérieur de la région. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, puisqu'il aura participé à différents tournois ouverts ou de niveau provincial. Son cas illustre justement ce qui sera pendant des décennies la grande faiblesse du tennis à Québec.

Tennis dans le monde

Le 07/06/2022

Le tennis en expansion entre les deux guerres

Lors d'un congrès de « lawn-tennis » tenu à Paris au printemps de 1928, les responsables de ce sport prennent conscience de son développement dans le monde.

La fédération anglaise arrive en tête avec 280 000 membres, suivie par celles de l’Allemagne (85 000), des États-Unis et de l'Australie (chacune 80 000). L'ensemble des fédérations nationales recensées cumule en tout plus de 700 000 amateurs(1). Le Canada, pour sa part, en compte 24 100, alors que sa population totale est passée de 8,7 millions en 1921 à 10,3 en 1931(2).

Ce développement n'a pas échappé à la région de Québec : nous avons pu identifier plus d'une centaine de nouveaux clubs durant les décennies 1920 et 1930. Point important, ces clubs étaient répartis dans tous les quartiers, ouvriers comme aisés. Comme les principaux clubs comptaient jusqu'à 200 membres, on peut supposer que le total de joueurs et joueuses dans l'ensemble de la région pouvait atteindre, déjà à cette époque, plusieurs milliers.

Fin du rotation 1970

Le 20/05/2022

« On l'aura-t-y?... On l'aura-t-y pas? »

[Section précédente: Le tournoi rotation 1969]

Après quelques années de tennis de grande qualité, le tournoi rotation tenu aux Employés civils de Québec souffre d'une baisse des assistances et de la concurrence du tennis professionnel. Au surplus, il a perdu son commanditaire, et la recherche d'un remplaçant s'avère difficile. Malgré tous leurs efforts, les organisateurs devront déclarer forfait et annuler l'édition de 1970. Ce sera la fin du « rotation ».

Heureusement pour les amateurs, le tennis international va revenir à Québec, mais avec une autre formule et dans un autre contexte.

Tournoi rotation 1969

Le 29/04/2022

Cinquième tourmoi rotation: une édition en montagnes russes

[Section précédente: Tournoi rotation 1968]

Après quatre années de succès, la préparation du cinquième tournoi rotation, celui de 1969, s'avère des plus laborieuses et ressemble à un parcours en montagnes russes.

La perte du commanditaire principal, la brasserie Dow, est la première tuile qui tombe sur l'événement. Heureusement, le Club des Employés civils s'engage financièrement pour assurer la tenue de celui-ci. Du côté des joueurs, on assistera encore une fois à une valse entre les engagements et les abandons. Le tournoi rassemblera finalement deux australiens, John Alexander et Dick Crealy, le néo-zélandais Brian Fairlie, le sud-africain Bob Hewitt, l'américain Cliff Ritchey et le yougoslave  Zeljko Franulovic.

Tenu du du 29 juillet au 3 août, le tournoi va encore une fois présenter du haut calibre, mais l'essoufflement ressenti en 1968 semble s'accentuer.

Le fief Grandville

Le 07/04/2022

La seigneurie s'agrandit encore

[Section précédente: Marie-Anne de Grandville]

Comme seigneuresse, Anne de Grandville commence d'abord par suivre les traces de son père: pas nécessairement de défrichement, mais agrandissement du domaine. En effet, tandis qu'on ne trouve toujours pas d'indication que des terres ont été concédées, elle obtient le 5 octobre 1707 une nouvelle partie de terre entre L'Islet du Portage et Kamouraska. La nouvelle concession se compose:

« ...d'une lieue ou environ de terre non concédée sur le fleuve St Laurent à commencer joignant le sieur de Forillon dont la concession commence deux lieues au dessus de la rivière Kamouraska et finit une lieue au dessous et en descendant au nord est joignant son ancienne concession avec les isles islets bancs, et battures qui se trouveront vis à vis icelle laquelle sera incorporée et jointe avec la dite ancienne concession pour des deux n'en faire qu'une(1). »

Malgré cette indication d'incorporation avec L'Islet du Portage, certains cartographes vont quand même représenter de façon distincte cette concession sous l'appellation de « fief Grandville », comme le fait Joseph Bouchette en 1815(2). Notons que cet acte complète l'attribution des terres le long du Saint-Laurent entre Lauzon et Trois-Pistoles. L'espace du « fief Grandville » constituait la dernière bande de terre en façade du fleuve qui n'avait pas encore été concédée en seigneurie.

Cependant, cet nouvel ajout, sur lequel Anne de Grandville ne garde qu'un œil lointain, va engendrer un conflit avec la seigneurie de Kamouraska. Cette dispute, qui va se poursuivre pendant plus d'un an, sera portée devant la plus haute instance de justice de l'époque, le Conseil supérieur de la Nouvelle-France, avant que son règlement ne fixe les limites définitives de la seigneurie de L'Islet-du-Portage.

Tennis et rationnement

Le 24/03/2022

Le tennis en temps de guerre : où sont les balles?

L'entrée en guerre du Canada en 1939 aura durant plusieurs années des effets directs sur la vie de tous les jours. Pensait-on qu'elle en aurait aussi sur la pratique sportive, au-delà de l'enrôlement militaire de joueurs et, éventuellement, de la possibilité qu'ils y laissent leur vie?

Le problème pour bien des activités, dont le tennis, viendra du rationnement. À mesure que le pays s'installe dans l'économie de guerre, les ressources et les matières premières qui servent à la production de matériel militaire sont de plus en plus en demande, créant un effet de rareté. Le gouvernement canadien décrète donc des restrictionspour maintenir l'effort de guerre et contrôler l'inflation.

Ces décisions auront un effet qui va largement dépasser la seule période du conflit et même contribuer à créer de nouvelles habitudes.  À cause du contrôle sur la production des balles de tennis, les organisateurs de tournois ne pourront plus les fournir en totalité aux participants, une pratique qui va continuer après la fin de la guerre.

Tournoi rotation 1968

Le 31/01/2022

Quatrième tournoi rotation : 1968

[Section précédente: Tournoi rotation 1967]

Pour 1968, les organisateurs du tournoi rotation reviennent sur l'idée, avancée par les années passées, d'inviter des joueurs professionnels aussi bien qu'amateurs. La Fédération internationale de tennis vient d'accepter le principe du tournoi « omnium » : Wimbledon et les Internationaux de France sont désormais ouverts aux professionnels. On s'attend même à ce que Roy Emerson, jusque là « le meilleur joueur amateur », signe un contrat professionnel(1). De son côté l'Association canadienne ne s'est toujours pas prononcée sur la question(2)

Finalement, ce sera le statu quo, le tournoi rotation va s'en tenir aux amateurs pour cette année encore. En juin, deux participants sont confirmés : l'espagnol Manuel Santana et le canadien Mike Belkin(3). Début juillet, les organisateurs sont fiers d'annoncer que le groupe des six sera complété par Tom Okker, de Hollande, Ramanathan Krishnan de l'Inde, Nicola Pietrangeli d'Italie et Thomas Koch du Brésil.

L'événement se tiendra du 19 au 24 août et, encore une fois, il ne sera pas exempt de surprises.

Janvier 1972

Le 19/01/2022

« Le Quebec Winter Club est vendu aux Employés civils »

Le 24 janvier 1972, une assemblée générale de l'Association des Employés civils (AEC) entérinait la décision du bureau d'administration d'acheter le Quebec Winter Club au coût de 500 000$(1). Situé sur l'avenue Laurier près du Manège militaire, l'édifice de style château avait été inauguré en 1930(2). Il abritait en 1972 des courts de badminton, de squash, des allées de curling et une piscine.

Quelles étaient les raisons de cette opération qui marquerait la fin du fameux club de tennis des Employés civils, le club de tennis le plus prestigieux en ville? Pour comprendre les circonstances qui ont mené à cet événement, il faut revenir quelque peu en arrière.